Politique : François Hollande, le pédalo dans la tempête

Par François Vidale


Un homme de records, François Hollande. Champion du monde toutes catégories, même. Cote de popularité, chômage, croissance, balance commerciale, déficit public : à part quelques améliorations la semaine dernière, tous les chiffres virent au rouge écarlate. Et nous ne sommes qu’à mi-mandat. Bilan de deux ans et demi de débâcle politique.

La France à la traîne

Faut-il le rappeler : la zone euro est depuis deux ans en phase de reprise économique. Poussive, certes, mais la croissance est bien là. Alors que la France devrait être un des pays moteurs du redressement européen, elle fait figure de mauvais élève : +0,4% en 2014. La zone euro atteindra probablement les +0,8%. Que dire de l’objectif principal du quinquennat fixant à 0% du PIB la part du déficit public en 2017 ? Il fallait voir Michel Sapin, penaud, annoncer l’aggravation de la dette entre 2013 et 2014. Restons lucide, l’objectif sera loin, très loin d’être atteint.

François Hollande lors du sommet de l’OTAN, le 4 septembre 2014.

Alors oui, cette gestion calamiteuse de la reprise économique vaut bien à François Hollande le record d’impopularité d’un Président sous la Cinquième République. Le discret regain d’opinions favorables dû à l’intervention militaire en Irak contre le groupe terroriste Daesh ne restera que très éphémère.

Trahisons de haut vol

« Mon véritable adversaire, c’est le monde de la Finance ». Le 22 janvier 2012, gonflé à bloc, l’ex aspirant à la fonction présidentielle tenait au Bourget un discours anticapitaliste extrêmement offensif, avec la ferme intention de revenir de ce meeting alourdi de quelques voix prises à l’extrême Gauche de Jean-Luc Mélenchon.

Quel n’a pas été l’étonnement de tous ces électeurs qui ont vu en cet homme le nouveau Jaurès, quand ils ont appris l’existence du Pacte de Responsabilité, qui fait la part belle aux entreprises, notamment celles du CAC 40 ? Quelle n’a pas été la stupéfaction de la majorité lors de la nomination d’Emmanuel Macron à la tête du Ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique ? Ce même Monsieur Macron qui, quatre années durant, fût banquier d’affaires au sein de la prestigieuse institution Rothschild. Ce ne sont que deux exemples flagrants parmi tant d’autres revirements.

Très peu de députés socialistes ont goûté à cette accumulation de tromperies et de changements de cap, en témoigne la naissance des frondeurs. En dépit de la confiance accordée il y a deux semaines à Manuel Valls et son discours de politique générale, déjà trois gouvernements ont été formés à mi-mandat : la confusion est telle qu’une dissolution de l’Assemblée Nationale pourrait être une échappatoire envisageable voire souhaitable pour la crédibilité du chef de l’Etat.

Valé rit encore

Ce n’est qu’une anecdote dans un quinquennat très mal embarqué, mais il y a des signes qui ne trompent pas. Résolument seul face à son camp et ses alliés d’hier du Front de Gauche, Verts et Modem, le coup de grâce est arrivé de là où on l’attendait le moins.

L’ex Première Dame humiliée, blessée dans son orgueil aux yeux du monde entier et surtout très rancunière, a signé l’arrêt de mort du Président normal. L’image d’un François Hollande proche des gens, si empathique auprès des plus démunis, est irrémédiablement écornée. Les « sans-dents » comme il les surnomme, lui revaudront bien cela.

Et vous, qu’en pensez-vous ?


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