Politique : montée du FN, qu’attendons-nous pour réagir ?

Par François Vidale


Voter. On en a presque oublié l’importance ces dernières années. Ce dimanche 25 mai 2014, plus d’un français sur deux n’a pas exprimé son opinion sur l’Union Européenne. Disons-le autrement : plus d’un français sur deux a exprimé son indifférence, son mécontentement, ou les deux à la fois. Après des élections qui ont marqué un tournant dans l’Histoire du Vieux Continent, quelles leçons en tirer ?

La classe politique française en faillite

UMP comme PS, tout le monde est responsable ! Si le Front National et l’abstention sont au plus haut ces dernières années, remercions d’abord Jean-François Copé, auteur d’une incroyable performance à la tête de l’UMP. Après s’être adjugé le trône du parti, « JFC » a eu la bonne idée de poursuivre et développer la stratégie de la dernière chance, amorcée par Nicolas Sarkozy en toute fin de campagne présidentielle. En tenant des propos parfois polémiques, souvent inacceptables, le chef du principal parti d’opposition n’a fait qu’attiser la haine, et est selon moi l’un des grands responsables de la banalisation de la parole raciste et de l’irrésistible montée du nationalisme.

Adressons enfin nos plus sincères remerciements à François Hollande et ses gouvernements successifs, incapables de redresser la courbe du chômage. Les Français ne s’y méprennent pas, le bug du mois d’août 2013 indiquant par erreur une inversion de la courbe n’était qu’un mirage. Pourtant, le chômage est bel et bien l’une des clés de voûte du racisme et de la progression du parti de Marine Le Pen. Déjà en 1929, la crise économique attisait toutes sortes de haines. Une baisse significative atténuerait bien des tensions et apaiserait le pays.

Les leçons du passé ne suffisent-elles pas ?

Malheureusement, le Français, tel un enfant gâté, a le goût du risque. Nous savons tous ce qu’il est advenu du nationalisme sans limite ni vertu, du rejet de l’autre et de l’aveuglement collectif. C’était il y a seulement soixante-dix ans. Notre souvenir est-il trop lointain pour que nous ayons déjà passé outre cette tragédie ? Faut-il que nous revivions les heures les plus sombres de l’époque contemporaine pour qu’à nouveau nous en retenions les leçons ?

Avec ce vote, l’Union Européenne se replie sur elle-même, s’aigrit et se fragilise. Vous lisez bien : cet ensemble communautaire, créé il y a plus de soixante ans par des Humanistes pour mieux aborder le virage de la mondialisation et prôner la paix entre nations, est en passe de se disloquer. En 2012, l’Union Européenne était élue prix Nobel de la paix. Qu’en sera-t-il dans dix ou vingt ans ? Konrad Adenauer, Robert Schuman et Jean Monnet, parmi tant d’autres pères fondateurs, doivent se retourner dans leur tombe.

Sonner la révolte

Il en va de la responsabilité de chacun de s’opposer à toute forme de rejet de l’autre, de repli sur soi, d’euroscepticisme aggravé. La France s’est construite avec l’Europe, et l’Europe s’est construite en partie grâce à la France. Pensez aux peuples grec et irlandais : où en seraient-ils sans l’aide de l’Union ?drapeau_europe En pleine guerre civile, sans doute. Et s’il s’était agi de nous, Français : aurions-nous apprécié l’aide des vingt-sept autres pays-membres ?

Les doctrines prônées en l’état par le Front National ne résoudront aucun des problèmes de demain, ni même ceux d’aujourd’hui. Notre droit à manifester est souvent surexploité, alors même que le droit de vote est si mal utilisé. La révolte politique passe d’abord par les urnes.

Voter. Votez. Nous avons la chance d’avoir notre destin entre nos mains. Tant de peuples nous envient.

Et vous, qu’en pensez-vous ?


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